Soudainement, Alzaëlle se sentit emplie d'une profonde vague de tristesse. Une douce mélancolie lui serrait le coeur...
Pourquoi?
Elle l'ignorait.
Etait-elle en train d'avoir un début de crise d'adolescence? L'une de ces crises durant lesquelles on se déteste puis l'on s'adore; durant lesquelles on hait puis on aime les autres; durant lesquelles on se pose une foule de questions complètement inutiles pour la plupart?
Elle avait du mal à y voir clair.
C'était un comble!
Mais elle avait des amis. Des amis sur lesquels s'appuyer...
Un véritable ami en fait.
Et cet ami était relié à elle par dix malheureux doigts. Dix malheureux doigts entrelacés, comme autant de fils qui les empêchaient de sombrer.
Qui l'empêchaient, elle, de sombrer.
Alzaëlle serra plus fort sa main contre celle de Jacen puis elle approcha doucement son visage de celui du jeune garçon et déposa un baiser sur sa joue tout en murmurant:
"Merci."
A ce moment où la jeune fille ne reconnaissait plus la frontière entre l'amour et l'amitié, à ce moment, elle était véritablement heureuse.
C'était un sentiment étrange.
Bien sûr, elle avait déjà été heureuse. La première fois qu'elle avait fait renvoyer l'un de ses professeurs, qu'elle avait rendu fou un elfe, que le professeur Walkyries avait perdu contre elle... Mais ça n'était pas la même forme de bonheur. Non, là, ça n'était pas une joie malsaine, c'était doux, c'était...
Tendre.
Elle sourit.